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Avec D’œil et d’oubli, pièce pour six interprètes, s’est imposée la nécessité de puiser dans les événements récents de mon histoire intime et d’en extraire la matière pour une nouvelle écriture chorégraphique. Y surgissent des images qu'il me faut dessiner, des moments qu'il me faut partager. Un corps a jamais disparu dont je ne peux exprimer l'absence qu'en lui donnant à être pour toujours. 

 

Lui offrir mon regard afin de résister à l'oubli. M'inspirer des moments où j'ai senti le corps défaillir, se battre, partir. Où j'ai senti la puissance des autres corps autour malgré leurs tremblements. Leur unité malgré la force inexorable de la destruction. Leur accord tacite pour avancer ensemble et se soutenir encore dans cet endroit désormais inconnu. Comme mort, oui.

 

Ainsi il faut lire D'œil et d'oubli comme la suite d'une histoire dont vous ignorez le commencement et ne connaissez pas non plus la fin. Ni passée ni à venir, c'est dans cet « entre-temps » que se déroule l'action. L'histoire. Celle de l’absence.

 

Nans Martin