Cela aurait pu être n’importe où. N’importe qui.

Les choisir, passants dans la foule immense. Se rapprocher, se frôler. Et s’en aller, oui.

Les voir apparaître dans la pénombre et disparaître avec eux avant que la nuit ne fonde encore.

Distinguer leurs traits et gestes. Mines des fêtes et corps beaux.

 

C’est avec eux — pourtant — que je me lève, soûl. Que je marche encore un peu avant que le jour ne se lève.

Des peaux d’ivresses, des équilibres. Plus rien à perdre, ou fresque. Fin, de fait.

Pourtant c’est avec eux que j’égraine mes soupirs à venir. Que j’inspire le mystère.

Leurs vains efforts se tendent et m’agrippent. Re-peaux et rives, côtes des espoirs. Les êtres, eux recommencent.

C’est ici — pourtant — que se repose mon regard. Sous heaume, il vit sage. 

S’ouvre devant lui tant de grèves. Se croiser ne suffit plus, un chant fait de silences point. Hymne au vies pairs.

Boucles liées.

 

Trouver sa place, un peu d’espace, quitte à rompre flottement l’unité. Apparemment s’arrêter. 

Un temps c’est peu. Sourdre en soi. À pas lents, onduler. Corps d’eaux retenues, prêtes à céder.

Entendre l’écho de soi dans le tumulte et se répandre sans réfléchir enfin sur les côtes d’une île inconnue.

Dune intention. À travers les paupières closes, les regarder faillir, passantes ailes aussi. 

Ne pas savoir, simplement observer et surtout ne rien dire. Débord des entres. 

De la fréquentation des lisières naissent les métamorphoses…