Rencontre avec Nans Martin

Interview dans le cadre du Festival Faits d'Hiver

Février 2016


Édito Faits d'Hiver

Janvier 2016


Les parcelles de Nans Martin ne présagent pas d’une soirée en pointillés. Tout l’art de ce jeune chorégraphe consiste à architecturer la chorégraphie et à l’innerver d’exigence et de maîtrise tout en laissant respirer une certaine liberté du mouvement. Son écriture pure et racée touche par sa beauté rare qui fraye avec la perfection du geste sans jamais vouloir l’atteindre de peur de passer de l’autre côté du miroir. Ne jamais franchir cette frontière de l’infaisable nous rend ces créations accessibles et donne aux interprètes la possibilité de nous emporter dans leur espace, les trois duos de parcelles alternant leur combinaison.

 

« Des travaux se font et se dérobent » écrivait Gilbert Lascault dans ses Ecrits timides sur le visible, c’est sur ce métier que Nans Martin tisse une trame entrelacée d’apparitions et de disparitions pour tenter de capturer ce qui fait un geste et déjà ne l’est plus. Le chorégraphe excelle dans une poétique du mouvement juste et de l’esthétique du fragment sans jamais rompre, insatiable et laborieux. Car il s’agit bien d’un labeur, d’une expérience toujours renouvelée qu’il poursuit à l’intérieur de ses Laboratoires animés, initiative orientée vers l’émergence d’un mouvement singulier à partir de matériaux du geste renouvelé passé au tamis du danseur.

 

Emerentienne Dubourg